MÉMORIAL SADI-CARNOT
Les secours
des secouristes en action
image d'illustration des secours

Secouristespompiers, médecinsinfirmièresreligieux et religieuses, ils et elles ont porté secours dans les premières heures et les premiers jours.
Soutien matériel et soutien spirituel, ils et elles ont réconforté et se sont chargés de la lourde tâche de l’identification des victimes.
Le médecin-chef KERAUDREN, arrivé sur place en fin de nuit et sous les bombes, conduira vingt-trois rescapés blessés dans son abri de l’Hôpital Maritime. Dix-sept autres seront dirigés vers celui de Ponchelet.

La Défense Passive a soutenu la population pendant de nombreux mois mais avec plus de quarante membres disparus, elle a été très touchée et désorganisée. De même pour le Secours National qui perdra des personnels et des bénévoles dans la catastrophe.
Les Auxiliaires de la Défense Passive dénombrent aussi quelques victimes et surtout déplorent la perte des personnes qu’ils côtoyaient depuis de nombreuses semaines pour leur apporter l’aide alimentaire (petits-déjeuners et repas). Certains réfugiés ou secouristes, s’extirpant momentanément de l’abri, venaient aussi donner un « coup de main » à la préparation des repas.

 


Combattre l'incendie

La première équipe

(c) MuséeMémoires39-45 avec leur aimable autorisation.

Le jeune pompier Paul CARQUIN (19 ans) est volontaire, vers 3 heures du matin (avec Pondaven), pour effectuer une première reconnaissance du sinistre. Avec son père le Lieutenant Charles CARQUIN, ils seront parmi les tous premiers à intervenir et à éteindre l’incendie. Il en fera un récit "glaçant".
Le maître principal Jean ROHOU (marin-pompier et résistant) est aussi intervenu avec son équipe au cours la journée du 9 septembre.
Son témoignage du siège de Brest est aussi terrifiant que celui du jeune CARQUIN. lire un extrait de son journal

recueillement près de l'abri

recueillement pour les victimes (c) A2MB. 12Fi712



Repérer

La deuxième équipe

« La descente aux enfers » (20-27 septembre)

Le Dr André DELALANDE (clinique rue Victor Hugo et beau-frère du Dr LAFOLIE une des victimes), Le Dr JACQ, la comtesse Alix de Carbonnières (Infirmière CRF) , Mrs ANDRIEUX, Antoine COSTE, Max FAUCHON, et GUILLARD (tous de la Défense Passive) constituent cette première équipe.


Identifier

La troisième équipe

Le long travail d’identification « légale ». (28 septembre-28 octobre)

Le Médecin-Chef Jacques VARACHE (responsable de l’identification), le Dr Max LAFERRE (Hôp. Ponchelet), le Dr Alexis CORRE (Poste secours Victor Hugo), le Dr Médecin-Principal VERRE François (?), Mme Alix de Carbonnières (identification)
Le greffier de la Justice de paix, Mr René ROUAULT (1899-1982) assumera la lourde tâche de montrer aux familles les objets récupérés dans l’abri. Le 11 novembre 1944, le tout jeune quotidien local (Le Télégramme de Brest) relaye un appel aux familles des disparus pour obtenir le maximum d’informations sur ceux-ci (bijoux, objets …), toutes informations qui pourraient ainsi aider à la reconnaissance des corps.
Des dizaines de courriers poignants seront ainsi reçus par le Greffe du Tribunal de Brest dans les semaines suivantes. (A.D. du Finistère, 1396W29). Le long processus des démarches administratives de reconnaissance du décès débutera enfin et pour de nombreuses années pour certains : déclaration de présomption de décès, attribution de la mention « Mort pour la France », jugement de décès actant définitivement et administrativement le décès des individus.
En 2024, les actes de décès de quelques victimes présumées demeurent toujours introuvables.


(c) Le Télégramme de Brest 2 octobre 1944

La funeste identification dans la presse.



(c) AMCB


Pardon de ‘Notre-Dame du Folgoët’ oblige, la veille, le 8 septembre, tout à la ferveur chrétienne en terre bretonne, autour du Père RICARD et d’une dizaine de religieuses, l’abri avait raisonné des chants à Marie. Les survivants prirent le relai en priant pour les disparus et en soutenant leurs familles.
Patronez dous ar Folgoad, Or Mamm hag on Itron An dour en on daoulagad, Ni ho ped a galon : Harpit an Iliz Santel, Avel diroll a ra… Tenn hag hir eo ar brezel! Ar peoc’h o Maria !
Douce Patronne du Folgoët, Notre Mère et Notre Dame, Les yeux en pleurs, Nous Vous prions de tout cœur : Secourez la Sainte Eglise, Il souffle un vent de tempête… Dure et longue est la guerre! La paix, ô Marie!

Extrait du journal du « Siège de Brest » par le chanoine Joseph Piriou (recteur de Saint-Marc)
Samedi 9
– A 5h, violent tir d’artillerie sur le Guelmeur et ailleurs. Incendies très nombreux à Brest.
- A 6h, le Directeur [de Ponchelet] m’apprend que l’abri de Carnot a sauté.
- A 8h, on dit : 350 morts français, 600 allemands.
- A 19h,  M.Philippon et M.Prévosto me demandent d’aller dire la messe à Brest demain.
Dimanche 10
Canonnade violente toute la nuit; nombreux obus sur l’hôpital [de Ponchelet] et autour.
- A 9h15 Je vais prendre une pierre d’autel au Pilier-Rouge. L’ambulance qui me transporte doit s’arrêter à 200 m plus bas que l’église : la rue est à la fois obstruée et coupée. Sous les obus, nous allons et revenons à pied. Pour rejoindre la Place Carnot, nous redescendons par Ponchelet au Boulevard Gambetta, Cours Dajot et nous remontons rue d’Aiguillon.

- Messe à 10h; [aux Galeries SALUDEN] 15 communions. « Noli flere – Permis de pleurer , mais pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance » . 70 assistants environ. On insiste pour que je m’installe à Brest; comme je me dois d’abord à St Marc, je demande à réfléchir; en tout cas, j’assurerai le service religieux de Brest le dimanche et autant que possible dans la semaine.
-  10h30 – Je donne l’absoute aux morts de l’abri.
- A 17h – Une troupe américaine dans la rue Jules-Guesde. Un officier nous assure à M.Jaouen et à moi, qu’il n’y a plus d’Allemands à St Marc. [qui est donc quasiment libérée au lendemain du drame !] …

messe du 20 septembre 1944
Entrée de l'abri - Messe le 20 septembre au lendemain de la fin du Siège (c) A2MB

Déblayer

La quatrième équipe


Pour leur travail, d’avril à mai 1945, les sept personnes suivantes, de l’entreprise A. MARC & Frères, ont été proposées pour la Médaille de courage et de dévouement par le Maire de Brest le 14 novembre 1945 :
François CABIOCH , chef de chantier, 8 rue Blériot à Saint-Pierre-Quilbignon,
François PAUL, chauffeur, Mesmerrien à Lambézellec,
François LE GOFF, terrassier, 66 rue du gaz à Saint-Marc,
Jean GÉLÉBART, terrassier, Kéraniou à Milizac,
Jean MIGADEL, terrassier, rue E. Renan au Relecq-Kerhuon,
Jean-Louis MOAL, terrassier, Guernévez à Saint-Marc,
Henri NÉVEZ, terrassier, 70 rue du gaz à Saint-Marc.