MÉMORIAL SADI-CARNOT
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Rescapés, celles et ceux (45 environ) qui sont sortis à temps, après la remontée interminable de l’escalier de 154 marches et qui ont découvert, au petit matin, l’état de la Place Sadi-Carnot et de leur ville. Ils leur restaient toutefois dix jours à survivre sous les bombes avant la fin du Siège de Brest et encore huit mois pour connaitre la fin de cette guerre. Après ce choc et la sidération, certains n’auront jamais évoqué le drame auprès de leurs proches. D’autres ont témoigné pour les jeunes générations, pour que cette catastrophe et ses centaines de morts rappellent que dans les conflits armés et les accidents qui trop souvent les accompagnent, des femmes, des hommes et des enfants innocents perdent hélas la vie.



« ILS Y ÉTAIENT »

    Les noms des rescapés glanés dans différents ouvrages et articles de presse
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Yves Montfort 

contremaitre à la Ville de Brest et époux d’Agathe CASTREC est décédé de ses blessures dès le 18 septembre 1944 à l’hôpital de Morlaix où il avait été évacué dans les jours suivants le drame. Il avait perdu dans l’explosion son épouse, ses deux belles filles et les deux enfants de l’une d’elles. Ils venaient tous de Lambézellec pour se mettre en lieu sûr. (r1)

 

Le porte-feuille de Mr Joseph LE MEUR (r2) (1895-1944), instituteur en retraite et membre de la Défense Passive, sera retrouvé dans les décombres. Sorti avec les premiers rescapés il est décèdé de ses blessures dès le 11 septembre rue Traverse,à deux pas de l'abri.


Le matelot pompier BIDEAU (r3), de service cette nuit-là dans l’abri, dormait dans les escaliers et a été réveillé par les cris “le tunnel va sauter !” Tout juste le temps de sortir, en aidant une femme (r4) et ses deux enfants (r5 et r6), qu’une première explosion se produisait.

 

La veille, Roland ANDRÉ (r7) obtient du lieutenant commandant, l’autorisation de se rendre compte si l’immeuble qu’il habitait au 2 rue Marcellin Berthelot existait encore afin d’y récupérer du linge. Il rejoindra à l’abri Sadi Carnot ses camarades de planton dont Bideau ...

... suite de son récit

  

 

Lucienne RÉMEUR (r8) (14 ans au moment du drame, décédée en avril 2023) et sa mère Mme Louise PODER née GUÉGUEN (r9) (1909-1999), qui résidaient dans l’abri depuis deux semaines environ, ont été projetées de la grille d’accès vers l’extérieur par une des explosions.

 Blessées et prises en charge par des Allemands, elles seront soignées dans l’abri Suffren-Wilson (le plus proche) qu’ils occupent. 

Lucienne et sa mère figureront longtemps sur les listes établies de victimes.

E1 : de Morlaix à Brest

 

E2 : La vie dans l'abri et le drame   

E3 : Retour à Lanmeur



 

Mémoires pour la Paix


Témoignage en 2004

 

Maître Alexandre MASSERON (r10) (1880-1959), le Dr Henri PHILIPPON (r11) (1882-1951) & Mr Antoine COSTE (r12). Le Commandant Jean (Emile, Marie) PONT (r13) (1892-1964) [C.F. en retraite, chef de pilotage civil de la station de Brest à compter du 15 mai 1944]. Mr Emile MIRIEL (r14) (1871-1958) (Directeur honoraire de la Banque de France ), premier adjoint, blessé, et qui prendra la Présidence de la Délégation Spéciale pour une dizaine de jours seulement (remplacé par Jules Lullien dès le 19 septembre). 

 

Mrs MOIZEAU (r15) et LE MOAL (r16), qui étaient installés dans l’escalier, parviendront à s’extraire du brasier dans les premiers instants.     

Seul rescapé de la communauté russe présente ce soir-là, Mr Pierre VOYNITCH (r17) aidera, en novembre 1944, à dresser la liste de ses vingt-sept compatriotes disparus. Il était de garde en haut de l’escalier au moment du drame.

 

Mr Maurice RICHARD (r18) raconte, à Morlaix, le drame au “Télégramme de Brest et de L’Ouest” dans son édition n°3 du 20 septembre 1944 (lendemain de la libération de Brest)

source A2MB–2Fi08622

D’abord porté disparu, il venait de passer huit jours à l’hôpital Ponchelet avant d’être évacué sur Morlaix, ville libérée depuis le 8 août.  

 

Autre réfugié à Morlaix, arrivé le 18 septembre, Mr CLINCHAMPS (r19), originaire de Paris, alors dans l’escalier raconte :

“… une formidable explosion, suivie de plusieurs autres, se fit entendre. La lumière s’éteignit, la fumée rendait l’air irrespirable, des flammes jaillirent de tous côtés …
Je fus projeté sur la Place Sadi-Carnot, commotionné mais sans blessures“
.

 

Mr Julien DENOS (r20) (adjoint au chef d’abri, inspecteur de police) (1893-1952), qui avait participé à la ronde de 23h00, est parvenu à sortir à temps avant l’explosion. Mr Marius LEVÊQUE (Chef de l’abri) et son autre adjoint Mr Charles LAMBIN sont eux portés disparus. 

Mr DENOS participera au premier dénombrement des rescapés, en pleine nuit et sous les bombardements.   

 

Mr François JOURDREN (r21)(1920-2003) (26 ans) , une “fourmi” de la Défense Passive, et son ami Jean COLLÉ (23 ans), commencent à évacuer devant le danger. Avec eux il y avait Melle Antoinette COLLÉ (sœur de Jean, 22 ans) et Mme Simone BELLION-MAURUS (24 ans). Elles décident de rebrousser chemin pour récupérer leurs sacs. Jean les attend dans l’escalier, avec Robert BELLION, en laissant François poursuivre sa remontée vers l’air libre. 

François ne reverra plus ses quatre amis. 

Lire son témoignage au Télégramme le 14/09/2001

 

Mme Thérèse FIDELIN (r22) (née BRISVILLE) laisse derrière elle, son époux Marcel FIDELIN (secouriste CRF, 40 ans) et leur fils Marcel (14 ans). Elle décèdera, 41 ans après le drame, à l’âge de 85 ans.          

 

Mme BRIAND (r23), rescapée, a été tirée par la main d’un ouvrier allemand qui s’enfuyait aussi. Mais, dormant à côté d’elle, Melle Agnès LE MONZE , employée de maison chez Mme Jeanne SCHEIDHAUER, sera surprise par les fumées dans son sommeil.            

 

Mr Maurice DESBUREAUX (r24)(adjoint au maire, directeur des Halles et marchés) et son épouse (r25). Mr DESBUREAUX, blessé, sera dirigé vers l’hôpital Ponchelet. Avec Mr FOUBERT (r26), étant sortis dans les derniers, ils verront et sentiront la fumée au “goût de poudre”.    

Mr Jean LOUBOUTIN (r27) (chef du service des Pompes Funèbres de la Ville) et Mr Jean Marie CREACHCADEC (r28) (1897-1961) dont le fils Jean Baptiste (Secouriste CRF, 21 ans) sera porté disparu ainsi que sa grand-mère Mme Marie ROUDAUT (née L’HOSTIS) 67 ans. 

 

Rescapée aussi, une autre famille de Lambézellec, Mr Raymond FRANÇOIS (r29) (1900-1967), son épouse Françoise (r30) (née BOULAY) (1903-1998) et leur fillette (r31). 

Prévenu par un membre de l’Organisation TODT de l’imminence du danger, Mr FRANÇOIS est parvenu à entraîner sa famille hors de l’abri avant la première explosion.             

 

Les ex-otages de Trézien (probablement 17 rescapés) (r32 à r48) se trouvaient dans l'escalier de l’abri. 

Jean MELLAZA (1924-2000) a témoigné en 1997 à Plouarzel de sa présence cette nuit-là dans l’abri et s’étant aidé de la rambarde de l’escalier pour gravir les marches dans le noir.            



« ILS N'Y ÉTAIENT PAS ! »

Exceptionnellement absents de l’abri cette nuit-là, ils auront aussi la vie sauve.

Contrôleur au Services des Eaux, Mr Jacques TROMEUR (1895-1976), qui avait sa place habituellement dans l’abri, la laisse, par “humanité” pour cette nuit-là, à la famille du Secrétaire Général de la Mairie de Lambézellec qui disparaîtra : Mme Renée MIGNON (née GRANNEC) , et ses 3 enfants Josiane (belle-fille, 15 ans), Jean (20 mois) et André (2 mois) ainsi que les enfants DEBIEVE-GRANNEC, Gisèle (10 ans) et Gérard (4 ans). Leur grand-mère, Joséphine WILNA, 57ans, décède aussi auprès d’eux cette nuit-là. 

Le  Dr Firmin LEMOYNE (Directeur du Service d’Hygiène) est un habitué des lieux mais, étant malade la veille, il avait été transporté à l’hôpital Ponchelet.

Mr Jules (Joseph) COULON, de nationalité belge et nommé sur les premières listes de victimes, n’était pas présent dans l’abri ce soir-là  

Il est décédé en Belgique, en janvier 1960 à l’âge de 58 ans.  

  (information de son petit-fils)