MÉMORIAL SADI-CARNOT
Trézien

Les otages de Trézien

Août 1944. Déjà plus de deux mois que la libération du pays a commencé depuis la Normandie. Le jusqu’au-boutisme de l’Occupant, à l’extrême ouest de la Bretagne, génère des nombreux combats et encore son lot de victimes civiles. 

Le 12 août, le bataillon FFI de Ploudalmézeau à l’Ouest et celui de Lannilis à l’Est tenaient le front Nord de la zone côtière. Ils sont appuyés par un bataillon de « russes blancs« . Le 16 août, des FFI ont investi la Pointe du Corsen (batterie DCA allemande) et sont au contact avec des soldats allemands venus du Conquet. Après quelques heures de traque les trois résistants et quelques civils sont contraints de se rendre dont Melle Renée CASTREC l’institutrice et Mme Anne Querné qui ne seront pas retenues. Les hommes sont fouillés et les coups pleuvent. Le convoi de prisonniers se met en route. Chemin faisant, le détachement allemand s’empare de nouveaux otages entre Porsmoguer et Le Conquet. 

Selon les témoignages 23 captifs parviendraient à la Batterie de Keringar en fin d’après-midi. Alignés sur deux rangs, ils attendront de longues heures devant le peloton mais, finalement, ordre est donné à l’officier de sursoir à l’exécution. Une intervention de la responsable de la Croix-Rouge de Saint-Renan, Madame De Taisne, y serait pour quelque chose. Les otages seront donc transférés dès le lendemain, en camion et yeux bandés, à la prison du Château de Brest. Après une quinzaine de jours d’interrogatoire et de tortures, ils seront jugés puis libérés début septembre. Ils rejoindront l’abri et les environs pour se loger et travailler : corvées de pluches, enterrer les morts, transporter les blessés et traire les vaches aux Abattoirs.

image d'illustration 

Qui étaient-ils ?

Les six premiers hommes ci-dessous ont été victimes de l’explosion de l’abri.
Les autres, réfugiés aussi dans l’abri font partie des rescapés et blessés.
Seul, Yves Morvan se trouvait cette nuit-là au Château de Brest.
[liste estimée à partir de différentes sources]

 



Recherche
Portrait de la victime
Mr Vincent GÉLÉBART 63 ans mort pour la France médaille d'honneur DP
Portrait de la victime
Mr Jean LAMOUR 51 ans mort pour la France médaille d'honneur DP
Portrait de la victime
Mr Jean-René MELLAZA 43 ans mort pour la France médaille d'honneur DP
Portrait de la victime
Mr Gilles MORVAN 24 ans mort pour la France médaille d'honneur DP
Portrait de la victime
Mr Jean MORVAN 62 ans médaille d'honneur DP
Portrait de la victime
Mr Jean QUERNÉ 32 ans mort pour la France médaille d'honneur DP


Les rescapés

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Yves Morvan

(Jean, René, Yves 19 ans, Résistant, Ploumoguer Keragroas)
(26/03/1925 – 01/2000). 

Il témoignera en 1997 dans la revue de Plouarzel « Tud ha bro » sur la période 1939-1945. Après quelques jours fin août dans l’abri il fut affecté par les Allemands à la garde des vivres au Château de Brest. Il s’y trouvait dans la nuit du drame.

(portrait vers 1946, ref biblio 17) 

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Michel Conq 

[r30] Résistant et ancien fusilier marin, blessé à l’œil dans les premiers accrochages par une grenade et ensuite torturé à Brest. (1917 à Tréouergat -1986)

Voir sa fiche de résistant

 

Deux de ses sœurs, venant de Tréourgat, se présenteront dès le 20 août au château de Kervéatoux (Plouarzel) chez Mme DE TAISNE, qui était intervenue pour éviter aux otages d’être fusilliés le 16 au soir, pour prendre de ses nouvelles.

 

[r31] Jean René PERHIRIN
( 1924 - 2019)
(Résistant FFI, de Brélès).

Fiche MdH

 

 [r32] Noël Gabriel LAMOUR.
(1925 à Trézien - 1986 à Brest).

 

 [r33] Emile Joseph LAMOUR.
Frère de Noël
(1921 à Trézien - 1982 à Brest).

 

 [r34] François PERROT
(1915 Lambézellec – 1961)
époux d’Yvonne LAMOUR (1917- 2003) sœur de Noël et Emile pris aussi en otages.

[r35] Jean-René MELLAZA ( Trézien)
(1884 - 1954) *
[cousin germain d’un autre Jean-René MELLAZA, une victime] 

 

[r36] [r37] ses deux fils Jean ( 1924 - 2000) qui témoigna en 1997 dans la revue de Plouarzel « Tud ha bro » sur la période 1939-1945 et Jacques ( 1925 - 1990).   ...

[r38] Jean Marie LANSONNEUR. de Trézien
(07/1887 – 03/1963 ) 

 

[r39] Hervé JÉZÉQUEL de Kergador (1911 à Plouarzel - 1983)
et/ou Pierre JEZEQUEL (1913 Kergador - 1991) ?..

[r40] François LE GENTIL
(1899 - 1975) de Kergador
Hospitalisé à Ponchelet pendant quelques jours après l’explosion. 

 

[r41] Guillaume LE GENTIL (17 ans)
son fils.
(1927 - 1971).
Hospitalisé à Ponchelet pendant quelques jours après l’explosion.

[r42] Félix PERCHOC (de Porspoder) (1924/2002),
se trouvait à Kergador et il est bien un survivant de l’abri car présent en septembre 2001 lors d’une  commémoration à Plouarzel alors que son nom figure sur les 1ères listes de victimes. 

[r43] Jean Marie CLOATRE de Kergador (1900 à Ploumoguer - 1972 à Lampaul-Plouarzel),blessé plus gravement que les autres

 [r44] Hervé PETTON de Ruscumunoc (1904/1974)

 

 

Le 21 septembre 1944 un service religieux est célébré dans l’église de Trézien, archi-comble, en mémoire des six victimes.

 Après les soins dans les hôpitaux brestois, les ex-otages et rescapés de l’explosion sont rentrés à Plouarzel via Gouesnou et Saint-Renan (pour certains à vélo pour la fin du trajet).

(* Merci à la famille Coatanéa-Douphis pour les informations transmises qui ont permis de reconstituer cette famille et le lien avec leur propre famille)
(ref 17 de la bibliographie)